mercredi 30 septembre 2009

Affaire Polanski… pourquoi s’étonner ?

Ce n’est pas de la sexualité, c’est de la lubricité que de droguer, alcooliser et violer une enfant de 13 ans.
Rien à voir avec la communion sensuelle et psychologique (impossible avec un jeune être humain de 13 ans !) qui fait de deux êtres les instruments de la vie en marche.

En matière de sensualité, de vie érotique, soit on comprend le sens des mots nature, instinct et concordance soit on a une carence provoquant une unilatéralité déformante qui mène au maladif.

C’est donc en concordance entre instinct et morale conventionnelle, sans conflit entre amour et devoir - qui ne sont pas des opposés – que j’écris ici que les défenseurs de Roman Polanski sont pleins de cette animalité qui défigure l’homme civilisé, pleins de cette culture contemporaine qui crée des animaux malades.

Après quelques siècles d’éducation de la préhistoire au mariage chrétien le conflit entre "l’homme être d’instinct" et "l’homme être de culture" - conflit où l’un veut écraser l’autre - apparaît porté par de tout-puissants politiques dont telle est la méthode : écraser l’autre ; les deux parties n’ont pas la même voix au chapitre : la victime devient le bourreau, le bourreau la victime et il n’y a pas de politique condamnant la barbarie.

Pourquoi s’étonner de "QUI" prend la parole et défend Polanski dans cette affaire ? N’avons-nous pas l’habitude de voir ce "QUI" transformer le bourreau en victime ?

dimanche 27 septembre 2009

Dieudonné contre les barbares dans SANDRINE


Il est incroyable que dans un monde si riche en Dieux et en racines la femme soit encore bien souvent aujourd'hui « une ombre en dessous de l'homme », obligée par lui à vivre dans un semi-enfer de sottises et de méchancetés, de misères et de violences qui parfois deviennent crimes.

Lorsque j'ai appris que le thème de Sandrine , dernier spectacle de Dieudonné, était les violences conjugales quelque chose en moi s'est inquiété : la condition homme femme - bien plus que tout autre sujet - peut provoquer d'irréparables scissions…

Sandrine c'est le grand retour du couple du divorce de Patrick, dont l'histoire si bien commencé - avec son cortège de projections victorieuses et de joies sensuelles partagées - s'était terminé par la mort du bonheur des sentiments devenus astreintes et contraintes insupportables.

Après la séparation Patrick Boulard passe en jugement pour violences envers Sandrine Boulard.

Nous voici dans un tribunal où les dialogues entre les personnages se déroulent dans un champ de force obscure, un tribunal où les personnages évoquent (le plus souvent en inconscients !) toutes sortes d'impasses rencontrées, un tribunal où les personnages sont autant d'expressions de puissances supérieures avec lesquelles il faut s'expliquer.

Mais le théâtre, c'est le théâtre, Dieudonné fait éprouver au prévenu Patrick Boulard le devoir sacré de se libérer lui-même, de préserver ses droits à son individualité … et ne nous laisse que l'envie de le voir enfermé !

L'introduction à Sandrine sur fond de « toute la pluie tombe sur moi » avec un Dieudonné plaidant qu'il est à la recherche d'un emploi puisqu'il n'a plus de points sur son permis de faire rire, était déjà - puisque Dieudonné parle de son métier - l'introduction à une psychologie des comportements et à ces « drames » que vivent les tricheurs…

Le tribunal avec sa galerie de magistrats angoissants, les membres non moins angoissants du Mouvement contre l'Impérialisme Féminin, le vécu de Patrick et Sandrine autant d'éléments dont l'artiste se sert pour nous rappeler que « ce n'est pas l'homme qui va au théâtre, c'est l'homme qui est le théâtre des choses. »…

Pour finir Patrick pousse la chansonnette du fond de sa prison laissant place à un Dieudonné sur scène : la scène, cet espace infini, son espace de liberté, liberté dont nous ne devons pas oublier qu'elle est aussi notre possibilité.

Avec la voix de Med Hondo, l'unique doubleur noir en langue française de toute une génération, Dieudonné se lance dans l'éducation de son gamin de 15 ans sur le sujet des relations entre deux êtres, sans cachotteries mais sans priver quiconque du bénéfice de la pudeur.

Dieudonné prend l'accent toulousain, vous connaissez la suite, vous ne l'entendrez pas chez Drucker.

Rien à voir avec l'humour pesé des amuseurs autorisés, aux rites primitifs, qui participent à l'écartement entre progrès technique et progrès psychologiques et moraux : Dieudonné a sa vie propre … et ne nous laisse que l'envie de le voir libéré !